vendredi 26 avril 2013

L'Ecume des Jours, Le Flop de M.Gondry



Ok, je n'ai pas lu le livre. J'aurais été sûrement encore plus déçue.

Colin et Chloé sont les deux personnages principaux de cette histoire. Un amour, un mariage, la maladie de Chloé, un nénuphar qui tue un poumon, un deuxième qui tue Chloé complètement.

L'histoire est donc pleine d'émotions : de la joie, de l'amour, de la tendresse, de la souffrance, de la peur, de la tristesse, de la fatigue et beaucoup de mélancolie.


Et pourtant, dans toutes ces émotions que l'on aurait dû ressentir, aucune n'y parait.

Seul l'univers loufoque de Boris Vian est traduit en images comme sait si bien le faire Michel Gondry. Inventer un univers poétique et loufoque, pour ça, il est le meilleur. Les clips de Bjork en sont des belles preuves.

Alors le film est peuplé d'imaginaire. Des objets qui prennent vie, du plastique à gogo dans les assiettes, des sonnettes en scarabée...cet étalage de rêveries étouffe le spectateur qui ne peut alors pas s'accrocher à grand chose.


Epuisé, on ne s'accroche à rien. Les seules trêves que le réalisateur nous accorde dans ses rêveries sont plates et sans âme.

Alors que l'histoire est plus que triste, je n'ai ressentie aucune émotion. Pas même une petite larme qui débute sans prendre vie. Rien. Le néant.

Michel Gondry s’est donc complètement planté. Peut-être s'est-il attaqué au mauvais roman. Peut-être a t-il trop misé sur le côté imaginaire, sans prendre en compte la réalité et les sentiments des personnages.


Certes, la métaphore du temps qui passe, de la douleur et de la maladie qui grandit est très bien faite. L'univers de Colin et Chloé, au début si grand et coloré, devient, petit à petit, glauque, poussiéreux, sans vie et se rapetisse. Alors, pour ça, le message est passé.

Mais outre le décor, il manque le fond de l'histoire, l'âme des personnages, ce qui donne un film plat et sans vie. Absolument pas à l'image de l'univers loufoque dans lequel on tente de nous faire rentrer.

Conclusion : un gros flop entre les attentes et le résultat final. Dommage.

vendredi 19 avril 2013

Promised Land, Gus Van Sant : Profit VS Ecologie, Qui l'Emporte ?



Si je vous propose de l'argent pour extraire le gaz de schiste présent en abondance sous vos pieds ? Si je vous promets une vie meilleure en ce temps de crise économique ?

Steve Butler est représentant d'un grand groupe énergétique. Avec sa collègue Sue Thomason, il est chargé de convaincre une petite ville de campagne de forer leurs terres contre de l'argent pour y extraire du gaz de schiste.


Et comme nous sommes en période de crise économique, ces deux-là ne s'inquiètent pas le moins du monde du succès de leur proposition. Pourtant...

Un enseignant et un écologiste viennent semer le doute dans les esprits quant aux risques environnementaux que provoquent l'extraction du gaz de schiste. Steve se retrouve alors menacé de perdre la partie, pourtant si facile à gagner, a priori.


Comment convaincre une population de courir certains risques pour leur santé contre une somme d'argent importante ? L'argent vaut-il plus cher que notre santé ?
Vaste débat, très actuel.

Le sujet évoqué par Gus Van Sant plonge au cœur de grandes polémiques, entre profit et écologie. Bien mené du début à la fin, on se prend au jeu des habitants et des représentants Steve et Sue pour tenter de comprendre les enjeux. Que ferions-nous à la place des habitants de ce petit village ?
Et si nous étions représentants d'un groupe énergétique, arriverions-nous à comprendre les inquiétudes de ces habitants ?


Chaque médaille à son revers, reste à savoir quelle importance nous lui donnons.

Pas trop moralisateur, on sort de la salle de cinéma en se demandant lequel des deux partis aurions-nous choisi. Les deux types d'arguments se valent, seules les motivations diffèrent.

Le film est bien mené car il ne penche pas forcément du côté écologique, même s'il semble gagner la partie néanmoins. On ne nous gave pas d'idées moralisatrices de bien-pensants, comme c'est souvent le cas dans bons nombres de documentaires qui veulent nous flageller avant le début du générique de fin. C'est donc plus plaisant.


La conclusion ici est ouverte, nous restons libres de nos impressions, sans se sentir fautif ou vainqueur. A voir, pour entendre parler autrement de la protection de l'environnement et des individus.

vendredi 12 avril 2013

Perfect Mothers, Anne Fontaine : Cougar Power



Le phénomène cougar n'en finit pas de faire parler de lui. Et voici qu'Anne Fontaine s'y met aussi, ce qui n'est pas pour nous déplaire.

Imaginez-vous au cœur d'un petit paradis : une crique sauvage, entre mer et montagnes pleines d'herbes folles, deux somptueuses maisons aux baies vitrées immenses. Ajoutez à cela deux beaux garçons surfeurs, avec deux mamans jolies et bien dans leur peau. Qui n'aimerait pas habiter là ?


Lil et Roz sont les mamans amies depuis toujours qui ont bien fait leur boulot : leurs fils sont sublimes, ils s'entendent à merveille. Cette communauté vit recluse dans un petit paradis. Les maris sont absents. Les souris peuvent danser...

Si vous faites le calcul, il reste donc deux garçons, deux femmes, des tas de possibilités, dont certaines plus plausibles que d'autres.

Presque naturellement, comme si les deux femmes voyaient soudainement le fils de l'autre différemment parce qu'il grandit, un jeu de séduction s'impose. Et voilà que la maman sort avec le fils de sa meilleure amie, et vice versa. Et comme personne n'est là pour voir tout ça, le quatuor peut vivre leur idylle à l'abri des jugements et de tout le reste.


Une telle passion peut-elle être viable ? Est-il souhaitable qu'elle se poursuive ? Entre un dur retour à la réalité et l'envie de rester dans un rêve, les deux couples vont tenter de mettre fin à leur liaison sans jamais y parvenir tout à fait.

J'ai beaucoup aimé ce film dont le sujet est plutôt osé et original. Comme quelque chose qu'on pense tout bas et dont on aurait honte, et qui surgit ici devant nos yeux écarquillés sur grand écran. Je suis sûre que beaucoup de femmes peuvent se sentir concernées par ce genre de sentiment trouble et bloqué par la morale.


Anne Fontaine pointe du doigt un sujet tabou. En même temps, c'est un sujet d'actualité. Le film 20 Ans d'Ecart, sorti dernièrement au cinéma, en parlait déjà ouvertement sur un ton humoristique.
Ici, c'est plutôt dramatique et sérieux.
L'amour y est sincère et profond dès le début. Comme une évidence qui ne peut voir le jour que dans la particularité d'une circonstance présente ici.


Perfect Mothers est donc un film réussi qui dit tout haut ce que certains s'interdisent de penser. Et pour ça, je dis bravo.

mardi 26 mars 2013

The Place Beyond The Pines, Derek Cianfrance : Le Destin Nous Rattrape



 Il fallait bien 2h20 pour nous expliquer tout ça. On passe d'un héros à l'autre, comme une coupure en plein milieu du film. C'est bien rare et cela marque l'originalité de ce thriller dramatique.


D'abord Luke, grand cascadeur à moto, qui fait les fêtes foraines et impressionne la galerie en tournant à toute vitesse dans le "globe de la mort". La moto, il gère. Tellement qu'on le remarque et qu'on lui propose un p'tit boulot de mécanicien, pour se faire du fric.


Du fric, Luke en a besoin : alors qu'il retombe sur Romina, une aventure passagère d'antan, il apprend qu'il est le père de son enfant. Il compte alors tout faire pour subvenir aux besoins de sa nouvelle famille improvisée.

Alors, le plus simple n'est pas de gagner de l'argent honnêtement, mais d'aller le piquer directement où il se trouve en braquant des banques.
Mais la précipitation ne donne jamais rien de bon et il se fait prendre...par un flic, prêt à tout pour gravir les échelons.


Deuxième partie du film, deuxième héros : le flic, Avery Cross. C'est lui qui attrape Luke. Il passe ainsi pour le héros national. Sauf qu'il s'agit d'un mensonge. Peut-on savourer sa victoire quand on n'est pas moralement le héros de l'histoire ?
Alors que le remord le ronge, Avery poursuit ses ambitions et gravit les échelons, non sans difficultés.

15 ans plus tard, le fils d'Avery Cross rencontre le fils de Luke. Et comme on n'échappe pas à son destin, ces deux-là vont se haïr. Ils ne savent pas pourquoi dans le fond, comme un passé qui les rattrape et leur donne le rôle qu'avaient eus leur père respectifs, autrefois.


Le film est bien ficelé. L'histoire n'est pourtant pas des plus simples. L'originalité provoquée par la présentation de deux héros consécutifs et non d'un seul donne une profondeur au film. Ici, on voit les deux facettes d'une même histoire. C'est complet, mais pas objectif pour autant. La morale est bien là, et le méchant puni.


2h20 de film c'est long. Cela dit, j'ai comme l'impression que cette longueur devient une banalité. On ne parvient plus à faire court, alors habituons nous à rester plus de deux heures dans un même fauteuil, en espérant qu'il soit confortable et l'histoire prenante. Ici, c'est le cas. On aurait même pu faire deux films avec autant de matière.
A voir, parce qu'en ce moment au cinéma, avec un programme pareil, c'est bien la meilleure option qu'il nous reste.

mercredi 6 mars 2013

Pourquoi Il Ne Faut Jamais Aller Voir The Rocky Horror Picture Show


 Je préfère vous mettre en garde. Histoire de ne pas aller balancer 9 € dans les courants d'air, rue Galande, à Paris.
Comment vous dire ?
Une grosse blague, du foutage de gueule (pardon pour les gros mots, mais c'est de circonstance, et ceux qui sont déjà allés voir le spectacle ne seront pas choqués par cette légère grossièreté).

Pour situer le décor, il paraît que c'est un truc à faire quand on visite Paris (et qu'on parle français). Un conseil : n'y allez pas, Paris vous semblera soudainement peuplé d'abrutis sans nom qui sortent tout droit de la France profonde, et encore.


The Rocky Horror Picture Show est un film tiré d'une comédie musicale de 1973. Il y a donc beaucoup de chansons durant tout le film.
Partant de cette origine, ils ont décidé d'en faire un petit spectacle dans une salle de cinéma à Paris. Il faut faire la queue pour rentrer, et même avoir réservé à l'avance. Ce film se joue tous les vendredis et samedis soirs, et c'est toujours complet. Autant dire que c'est un succès fou. Nous, on n'a même pas pu s'assoir, un mauvais calcul du nombre de places assisses apparemment. Et finalement tant mieux, vous saurez très vite pourquoi.

Quelques comédiens vous accueillent pour prendre votre billet. Ils sont fardés, déguisés comme les héros du célèbre film, et se veulent hilarants.
Le spectacle commence. Alcool interdit (et pour cause, c'est plutôt tentant pour arriver à rire), les spectateurs doivent se munir d'un sachet de riz et d'une bouteille d'eau.


Pourquoi ? Le but du jeu est simple : les comédiens ont inventé des jeux à faire à chaque passage du film. Ils sont devant l'écran et font les idiots. Évidemment, on ne suit rien au film, et si vous ne l'avez jamais vu (comme ce fut mon cas) avant d'aller voir ce "spectacle", vous ne comprendrez rien.

A chaque mariage pendant le film (deux en tout), les spectateurs doivent jeter du riz dans la salle de cinéma. Et dès qu'il pleut dans le film, devinez ce qu'on fait...oui, on jette de l'eau sur tous nos petits camarades. A la fin, c’est une vraie patinoire.Voici pourquoi on était content d'être finalement debout dans l'allée, on a évité tout projectile.

Les comédiens nous proposent de danser pendant les musiques du film (pas facile dans une salle si petite avec autant de monde dedans). Ils font des blagues, enfin, non pardon, ils parlent de sexe. Tout le temps. Mais pas seulement, ils proposent également au public d'aller mimer l'acte sexuel  en sous-vêtements avec eux sur scène. Pas de bol si ça tombe sur vous.


La sodomie, en veux-tu en voilà, on ne parle que de ça, plus c'est trash, plus c'est tordant ! Ou alors, on insulte la comédienne censée jouée l'actrice coincée du film. Dès qu'on la présente, on doit l'insulter de tous les noms, mais surtout des plus vulgaires. Et là, c'est impressionnant de voir comme le public prend littéralement son pied au jeu de l'insulte gratuite. Tordant.

J'ai eu envie de partir dès les première minutes. Le temps ne m'a jamais semblé aussi long. Comme un grand moment de solitude où on ne comprend pas ce qu'on fout là. Qui sont ces débiles qui rient de si peu ?


Et le pire dans tout ça, les acteurs font du bénévolat. Ils ne sont même pas payés pour faire chaque week-end un truc aussi merdique fatiguant.

C'est vulgaire au plus haut point, ce n'est pas drôle (à moins peut-être d'avoir bu plus que nécessaire, mais c'est interdit malheureusement). J'ai été choquée, choquée, choquée. Clairement, nous sommes bien différents, nous autres êtres humains.
L'humour est loin d'être universel, à moins d'être véritablement doué, ce qui n'a pas été le cas du début à la fin. Fuyez !

mercredi 27 février 2013

Zero Dark Thirty : la Traque de Ben Laden Racontée par K. Bigelow


Depuis le 11 Septembre 2001, tous les yeux étaient braqué sur lui, l'ennemi public n°1 : O. Ben Laden.

Pour le capturer et assurer la sécurité des Etats-Unis, ce n'est pas lui qu'il faut rechercher directement, mais tous ses messagers et autres intermédiaires. Ça fait du monde. Beaucoup de monde, et parfois, on ne sait plus qui interroger, qui croire.


Les agents de la CIA sont sur le coup, depuis des années. La traque est rude, et presque interminable. Maya travaille à la CIA. Elle enquête depuis ses débuts sur le terroriste.

D'une volonté de fer, d'une assurance à toute épreuve, elle ne manque pas de courage ni de patience pour espérer mettre fin à cet enfer.


Les attentats se multiplient, et toujours rien. Pas une trace, pas un indice. Toutes les possibilités s'effritent au fur et à mesure que les années avancent. On perd de l'argent, on doute.

Des agents de la CIA perdent la vie dans des expéditions qu'ils croyaient pleine d'espoir. L'opération vire au fiasco, l'homme le plus recherché du monde est introuvable.


Mais Maya ne lâche rien. Ce job est fait pour elle. A force de volonté et d'intuition, elle parvient à convaincre tous les autres, jusqu'au Président, d'une prochaine traque.

On évalue les possibilités de trouver Ben Laden dans le lieu suggéré par Maya. "60 %", "un petit 40 %"..."100 %" finit par lâcher Maya.


Maya est alors convaincue de savoir où se trouve Ben Laden. On lui fait confiance, on sort l'artillerie lourde, l'opération a lieu le soir-même.

Le dangereux terroriste sera capturé et tué. Dans la salle, nous retenons notre souffle. L'opération traque de Ben Laden est éprouvante et bien réalisée. Comme si on y était.


Pas de doute, ce film est une réussite. Dans le même genre, il y a eu Argo quelques mois auparavant. Mais là, c'est encore plus captivant.

Nous avons tous été touché par le 11 Septembre, nous connaissions tous l'ennemi n°1 de cette dernière décennie. Il nous faisait peur, il était introuvable, d'ailleurs était-il encore vivant ?


La traque de Ben Laden racontée par Zero Dark Thirty est pleine de suspens et d'émotions. On ressent la fatigue des agents de la CIA, et surtout celle de Maya, qui n'a pas d'autre vie que celle imposée par son métier.

Pas de vie en dehors de cet ultime combat : l'un des deux doit mourir, Ben Laden ou la jeune femme, prête à tout et consciente du challenge.


Rien n'est mis à l'abandon, pas même les scènes de torture souvent poignantes et dérangeantes.

J'ai aimé cet oubli de dire "oui, nous sommes des américains, nous sommes des super héros, nous allons y arriver !". Bien sûr, ils en sortent gagnants, avec une certaine classe, mais ce trait n'est pas souligné plus qu'il n'en faut.


Un film relativement humble sur un sujet qui a du sérieusement les mettre à cran. Et nous aussi, dans notre confortable siège, pendant 2h30.

A voir, pour mettre des images derrière l'une des traques les plus médiatisées de tous les temps.

lundi 18 février 2013

Rien Ne s'Oppose à la Nuit, D. De Vigan : Biographie d'une Mère Bipolaire


Que maman soit morte à 61 ans, c'était inévitable. Peut-on empêcher quelqu'un de se suicider ? Répondre "oui" à cette question mènera qui que ce soit dans la pire des culpabilités, et dans la naissance d'une profonde maladie mentale. "Non", c'est répondre en toute connaissance de cause, c'est aussi pouvoir s'affranchir d'un fardeau psychologique qui serait insoutenable. En fait, personne ne sait.

Lucile, la mère de l'écrivain D. De Vigan meurt, et celle-ci décide, en écrivant ce livre, de comprendre pourquoi. Un hommage à sa mère et une tentative d'explication d'un geste si alarmant et si imprévisible, voilà ce qui nous amène ici.

L'écriture sur sa propre famille n'est pas aisée. En fouillant le passé, on déterre des choses volontairement enfouies. Ainsi, en interrogeant les parents de Lucile, ses frères et soeurs, Delphine De Vigan plonge dans le passé pour tenter de comprendre qui était sa mère. Surtout, pourquoi est-elle devenue si incurable ?


Souffrant d'un trouble bipolaire, Lucile a sombré petit à petit. Elle s'est relevé, a montré des forces cachées, et puis a rechuté. Chaque rechute dans la maladie est un enfer pour elle et pour les autres, une constante alerte psychologique. "Et si je rentre un peu plus tard, dans quel état vais-je la trouver ? Est-il normal que ma mère se comporte ainsi ?"

Etre la fille d'une femme dépressive, bipolaire, perdant parfois la raison, demande une certaine force. Comment accepter qu'une mère puisse vous faire vivre des souffrances que vous ne devriez pas partager ?
En fouillant dans la plus tendre enfance de sa mère, l'écrivain tente de comprendre l'origine du problème, comme pour trouver une réponse.

Les débuts du roman sont un peu longs. L'enfance de Lucile est originale sans être vraiment palpitante. En tout cas, pas assez à mon goût pour en faire une tartine. Néanmoins, je comprends la démarche de l'auteur, celle de creuser dans la jeunesse de sa mère, car évidemment ce sont les pièces du puzzle qui lui manquent, celles qu'elle n'a jamais vécues.

On y découvre des secrets étranges. Au fil de la lecture, le rythme s'accélère, le visage de Lucile se dévoile en même temps qu'apparaissent les traits de sa folie.


J'ai été touché, très touché par ce livre qui m'a parlé. Delphine De Vigan pointe du doigt des souffrances inoubliables, et des secrets de famille. Elle parle de sa propre mère, mais elle parle à chacun d'entre nous. Qui peut se targuer d'avoir une famille Kinder ? Qui n'a rien à cacher, qui n'a pas eu honte ? Qui n'a pas souffert ?

Une famille, c'est un coffre fort, personne au dehors ne sait ce qui s'y cache. Bien souvent, on comprend pourquoi. Les secrets pèsent lourd, ils forgent les personnalités, tout comme les catastrophes et les disputes.

D. De Vigan a écrit un superbe livre. Ne vous contentez pas de lire le début, de trouver ça chiant, et de mettre le livre de côté. Attendez un peu, laissez-vous plonger. Bientôt, vous tomberez au cœur d'un drame familial, un peu comme celui que nous avons ou que nous aurions pu vivre dans chacune de nos familles. A lire comme un miroir des faux-pas de notre propre existence.