jeudi 10 mai 2012

L'Herbier des Fées, Benjamin Lacombe et Sébastien Pérez : un livre pour enfants ?


Je l'ai vu, je l'ai reconnu, comme tout droit sorti d'une inspiration que j'aurai voulu être mienne. Quand je l'ai feuilleté, j'ai été éblouie par chaque page. Les illustrations toutes plus belles les unes que les autres, flamboyantes, intrigantes, m'ont sorti loin de ce grands magasin culture et multimédia dans lequel je me trouvais.
Je suis allée au rayon "littérature enfantine" pour y trouver une quelconque inspiration artistique et je n'ai pas été déçue. L'Herbier des Fées se distingue nettement des autres contes pour enfants. Sa couverture rouge flamboyante attire le regard, et quand on ouvre cet herbier, on est surpris à chaque page par la qualité des illustrations. 


Ça raconte quoi ? L'histoire d'un éminent botaniste russe, Alexandr Bogdanovich, né en 1876 à Saint-Pétersbourg. Déjà très doué à 16 ans, il intégra l'étrange cabinet des sciences occultes de Raspoutine.
Lorsque Raspoutine lui propose une mission, Alexandr accepte : élaborer un élixir de vie. C'est ainsi qu'en 1914, il part dans la forêt de Brocéliande pour y percer ses secrets. Au fil, on suit les aventures d'Alexandr par son carnet de bord, ses lettres, et son herbier soigneusement tenu. 


On y découvre les découpes précises de plusieurs plantes fascinantes comme la Grande Gentiane, la Pilularia Globulifera, puis on y découvre au fur et à mesure bien plus que des plantes. Ce sont des petits êtres qui s'y cachent à l'intérieur qui attirent tout particulièrement son attention : des petites bêtes pas plus grosses qu'un petit pois qui ont des facultés de guérison incroyables. Vous vous êtes blessé et vous avez une plaie ? Ce sont les Consoudes qui vont vous soigner tout ça en un clin d’œil.
Ces petites fées vivent dans les plantes de la forêt de Brocéliande, Alexandr fait connaissance avec elles et décide de garder ce secret pour lui, ce qui a le don d'irriter l'étrange Raspoutine...



Entre hallucination, rêveries et bien-être, on suit le parcours fantasmatique de ce botaniste, peut-être perdu à tout jamais dans la forêt.
Sous forme de journal de bord qui se veut historique et réel, Benjamin Lacombe et Sébastien Pérez nous offrent une histoire originale et magique. Les illustrations sont époustouflantes, d'une rare qualité. Les textes, quant à eux, viennent nourrir les images de leur vraisemblance.


Ce qui m'étonne, au-delà de la beauté des dessins et de l'imagination qu'il a fallu, c'est l'histoire. Loin d'être une simple histoire à raconter aux enfants avantd'aller dormir, celle-ci semble plus s'adapter à un public presque adulte. J'ai aimé cette histoire, mais je doute qu'elle intéresse un enfant. L'approche scientifique et descriptive des découvertes effectuées peuvent à mon goût désintéresser l'enfant qui alors ne s'attardera que la beauté du voyage. 
Car c’est là toute la force de ce livre. Quand on l'ouvre, on entre tout de suite dans un univers très particulier, entre féerie et mysticisme, entre bien-être et inquiétude.
L'Herbier des Fées est un énorme succès, probablement l'un des meilleurs livres pour enfants (adultes ?), à découvrir au plus vite, vous, les grands.

mardi 24 avril 2012

On m'a tagué, je renvoie la balle, go !

Et pour mon premier tag, je recopie les règles comme il se doit.
Un tag, c'est personnel, curieux, loufoque et intéressant. Lorsqu'on nous tague, il y a des règles ( strictes ! ) à suivre :

- Poster les règles sur son blog
- Écrire 11 choses vous concernant
- Répondre aux 11 questions
- Créer 11 nouvelles questions pour les futures taguées
- Mettre un lien vers les blogeuses taguées sur son blog
- Prévenir les personnes taguées grâce à un message sur leur blog
- Aucune information sur nous dans la section Tag
- Taguer 11 personnes



  Pour commencer, voici 11 choses me concernant :

1- Je n'aime le mélange sucré-salé que s'il s'agit d'un dessert.
2- Comme je ne sais plus quoi faire de mes cheveux, je les laisse sécher comme ils veulent, pourvu qu'ils fassent n'importe quoi. Avec du volume, si possible.
3- On m'a offert un bon pour un shooting photo de deux heures, mais je ne suis pas à l'aise lorsque l'on me photographie, ça promet.
4- J'espère réussir à rédiger tous mes mémoires avant la fin des vacances car ce sera aussi la fin de l'année universitaire.
5- Je ne mange pratiquement que des pâtes, et je ne m'en lasse jamais.
6- J'aime quand il y a des plantes partout, je trouve ça chaleureux et rassurant.
7- Cela plus de six mois que je fais une heure de footing, une fois par semaine, et je n'ai pas perdu plus de poids que si j'arrêtais de manger toujours la même chose.
8- Je n'ai pas voté au premier tour, mais je voterai au second.
9- Durant mes 4 années universitaires, j'ai acheté beaucoup de livres philosophiques illisibles, je n'en ai même pas lu le quart.
10- Si je n'étais pas en train d'écrire cet article, je serai en train de glandouiller devant la télé avec mon copain. Finalement, on glandouille tous les deux, chacun devant notre ordinateur.
11- Si j'avais du jouer avec Johnny Depp, j'aurai aimé l'accompagner dans Arizona Dream.



Les réponses aux questions que l'on m'a posé :

1- Comment as-tu choisi ton nom de blogueuse et/ou de blog ? 
Complètement au hasard, je voulais qu'il y ait mon prénom mais qu'il y ait aussi un petit plus. Lauraoza, ça m'est venu comme ça, un soir. Je l'ai dit tout haut à mon copain, j'ai bien aimé, je l'ai adopté (pas le copain, le surnom, hein !).
2- Quels sont tes liens avec le virtuel ? 
Mon blog m'a permis de trouver un job d'été, que je garde maintenant en tant que freelance. C'est une sorte de vitrine, plus parlant qu'un CV.
3- Penses-tu que l'amitié peut exister sans contact physique ?
Oui, tout à fait. Je ne dirai pas la même chose d'un amour puisque par définition, c'est aussi physique. Mais pour l'amitié, je pense que les relations peuvent être aussi profondes, virtuellement comme physiquement. Il n'y a pas forcément besoin de se voir pour échanger et partager des points communs.
4- Ton anonymat est-il important et pourquoi ? 
Non, peu importe que l'on sache qui je suis ou pas. Comme je le disais, mon blog est une passion mais aussi une vitrine côté professionnelle. Il n'y a donc pas de gêne à ce que l'on me connaisse en vrai.
5- Une chose dont tu ne pourrai te passer au quotidien ?
Probablement de mon ordinateur, de pâtes, ou des nouvelles de mon copain...
6- Si tu avais deux jours rien qu'à toi et un budget no limit, tu ferais quoi ? 
Soit je suis seule et je me jette sur les fringues et le matériel technologique dernier cri, soit je suis avec mon copain, et je pars en week-end dans une destination inconnue et au hasard.
7- Dans ta vie idéale, tu ferais quoi comme métier ?
J'espère sincèrement que l'idéal rejoindra la réalité, alors je souhaite être webdesigneuse et rédactrice web.
8- Lequel des pêchés capitaux te représente le mieux ? 
Mon copain vient de répondre à ma place : "gourmandise !" :-)
9- Raconte un moment dont tu aimerais te rappeler toute ta vie.
Un matin, je me réveille, prête pour un long week-end imprévu à la mer. Le soleil se lève, il fait chaud, et les perspectives des trois jours m'a fait une impression de bien-être incroyable. Un petit rien que je ne parviens pas à expliquer. 
10- Vas-tu goûter le McBaguette ? 
Je viens de voir un reportage disant que ce sandwich était encore plus calorique que le BigMac. Une amie m'a dit que c'était aussi bon qu'un sandwich acheté à la boulangerie, sans plus : conclusion, aussi bon, dix fois plus de calories --> certainement pas. En plus, je ne suis pas fan du McDo.
11- Crois-tu que tu vas galérer autant que moi à trouver onze questions ? 
On va voir ! Je me lance ;-)



Et voici les onze questions aux copines blogueuses :

1- Tu es plutôt vanille, chocolat ou caramel au beurre salé ? 
2- Quelle est la chose que tu refuserais de faire, même si l'être qui t'étais le plus cher te le demandais ? 
3- Combien de temps passes-tu pour ton blog ? 
4- Si tu devais dépenser 100 euros, tu achèterais quoi ? 
5- Si tu ne devais manger qu'une seule chose pendant toute une semaine, ce serait quoi ?
6- Crois-tu à l'amitié garçon-fille ?
7- Dans quel livre ou dans quel film te verrais-tu être l'héroïne ?
8- Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
9- Quel est ton geste quotidien pour te sentir bien ?
10- Quelle est la première chose que tu fais lorsque tu rentres chez toi ?
11- Que fais-tu quand tu n'arrives pas à dormir ? 


Et mes taguées sont ( désolée de vous prendre du temps ! ) : 

mercredi 18 avril 2012

La folle ambiance de L'Imaginarium du Docteur Parnassus de Terry Gilliam


Complètement loufoque. A t-on idée du sujet du film ? Pas au premier abord en tout cas. Est-ce qu'on accroche quand même ? Bizarrement, oui complètement.

L'imaginarium du Docteur Parnassus est un film de Terry Gilliam, ce qui nous permet de comprendre un peu d'où nous vient ce grand n'importe quoi : Terry est aussi le réalisateur de Las Vegas Parano, et dans le genre foldingue, on ne fait pas mieux.
Ok, mais ça parle de quoi cette histoire de Parnassus ? 
L'Imaginarium est un théâtre ambulant, avec une troupe très éclectique, dont une jolie jeune fille qui ressemble à une poupée, un jeune homme secrètement amoureux d'elle, et le père de celle-ci nommé Parnassus, un vieil homme très barbu.



Ce petit monde passe de parking en parking, espérant attirer la foule en leur vendant du rêve. Si, si, c'est bien ça, au sens propre. Une fois que vous êtes sur scène, vous traversez un grand miroir magique qui vous emmène tout droit dans votre imagination... Vu comme ça, ça à l'air sympa, et ça l'est. Mais il y a un élément perturbateur, ou plutôt un pacte avec le diable, "rien que ça !". Je ne vous en dis pas plus, tout mystère vaut mieux d'être en suspens...



Forcément, on retrouve Johnny Depp, autant dire qu'il est fait pour ce film. Je m'attendais d'ailleurs à le voir surgir bien plus tôt dans l'histoire. Mais il y en a plein d'autres des grands Monsieur, comme Jude Law, Heath Ledger, ou encore le ténébreux Collin Farrell. S'ils font un passage éclair, ils ne manquent pas d'être fous et interprètent bien leur rôle. Les images, à la façon d'un Tim Burton sont hautes en couleurs, en voltige et en effets spéciaux magiques. Un conte de fées quoi.



J'ai aimé la surprise totale que comporte ce film : puisque c'est farfelu, on ne s'attend à rien, on manque d'être lassé et finalement on reste scotché. C'est un grand succès de nous mettre en haleine alors que nous sommes prêt à décrocher. 
C'est vrai que lorsqu'un film part dans tous les sens, s'il n'y a pas une histoire stable qui tient la route, on peine à poursuivre. Ici, on est au bord du précipice, mais au début seulement, le temps de s'adapter. Si l'univers de Tim Burton et de Johnny Depp en fascine quelques uns, alors ce film devrait leur plaire. Il m'a plu, pour l'ambiance inimitable, pour l'histoire qui tient la route malgré tout alors que le chemin est osé et périlleux. A voir, pour les aventuriers du cinéma qui aiment être surpris, au-delà du sentier battu de la réalité. Bon rêve à vous si vous osez traversez le miroir magique du Docteur Parnassus...

lundi 2 avril 2012

Le phénomène Lana Del Rey


Depuis l'automne dernier, on a d'oreilles que pour elle. Lana Del Rey, Lana style, Lana fifties, Lana mystérieuse. Le phénomène.

C'est sur les grandes affiches publicitaires parisiennes que j'ai vu son visage. Je l'avais nettement distingué de sa chanson, Video Games, dont j'ignorais encore l'auteur. 
A la première écoute, je n'avais pas accroché sur cette chanson qui n'en finissait pas de ne jamais démarrer. J'ai trouvé ça mauvais et premièrement sans intérêt. Comme une chanson qui démarre avec une introduction très longue, on attend, comme en suspend, le sursaut. Et rien. On reste dans un début interminable...


Puis, phénomène oblige, du Lana Del Rey, on en a mangé à toutes les sauces. J'ai beaucoup plus apprécié son deuxième tube, Born To Die. Et puisque mon copain lui trouvait une originalité, j'ai été forcé d'écouter d'une oreille passive...


Sa voix comme sortie d'un vieux disque, les images de son premier clip lui donnaient un style original. Bien que physiquement assez défigurée par une bouche imposante et écrasante, elle a un charme qu'elle cultive, un air mystérieux qui va bien avec le ton de ses morceaux.

Sa voix est sans conteste, magnifique. On lui reproche de n’être pas encore prête pour le grand public, pour avoir fait des erreurs lors de prestations live, mais après tout, elle fait parler d'elle et ça marche.


Je trouve l'album Born to Die assez réussi, avec un gros coup de cœur pour le titre This Is What Make Us Girls qui est vraiment planant, avec une touche qui nous porte très haut à chaque refrain.

Les titres s'enchaînent bien. Je reproche néanmoins, dès la première écoute, un ton relativement monotone à cet album. Les morceaux s'enchaînent bien mais se ressemblent beaucoup, et comme il y a quand même 15 morceaux...


J'aurai trouvé juste et très chic que Lana Del Rey accentue d'autant plus ce côté fifties mystérieuse qui lui va si bien. Les clips sont très réussis à chaque fois, surtout celui de Blue Jeans en noir et blanc, qui respecte ce côté mystérieuse de grande fille un peu prétentieuse.


Pas de doute, c’est un très bon bilan pour Lana. Une voix superbe et originale qu'on reconnaît entre mille, une image pub appropriée, un air mystérieux qui pourrait être exploité davantage, un style, bien à elle...Chapeau l'artiste, on dirait que ça démarre élégamment. Mais comme tout premier album, il doit se confirmer dans la suite d'un deuxième, troisième...qui sait jusqu'où un style peut encore séduire le public ?

vendredi 16 mars 2012

Le Parfum, Patrick Süskind le livre VS Le Parfum, Tom Tykwer le film

"Notre langage ne vaut rien pour décrire le monde des odeurs." a dit Patrick Süskind. Pourtant c'est un chef d’œuvre littéraire spectaculairement odorant qu'il nous conte ici.
De quoi donc ? Jean-Bapstiste Grenouille est un enfant né dans les rues parisiennes du XVIIIe siècle, au milieu des cadavres de poissons.
Déjà, il sent mauvais, il braille et personne n'en veut, pas même sa mère. Personne ne le voit, il est invisible : pour cause, lui, ne sent rien. Adopté, il a tout de suite été vu comme une sorte de monstre. Il est bizarre. Il sent mieux que vous ne pouvez voir. Il sent plus que tout ce que vous pouvez entendre. Il sent et c’est tout. Et vivre à Paris à cette époque est bien la meilleure façon d'explorer les multiples senteurs, nauséabondes bien souvent.


Tout Paris pue. Les étalages, les femmes, les hommes, les animaux, les places, la Seine, toute la ville. Chaque être dégage une odeur grasse, de l'antre de sa bouche, jusqu'entre ses orteils de pieds. Répugnant. C'est dans cet univers que Grenouille apprend le monde. Pour certain, il y a l'école, pour lui, il y a l'odeur. Se rendre à Grasse, capitale du parfum pour y apprendre le métier devient une évidence.

Grenouille part donc dans le sud, dans l'espoir d'y connaître les secrets des élixirs divins. Saviez-vous que pour extraire l'odeur d'un quelconque objet, il faut l'envelopper dans de la graisse, puis l'enfermer dans une sorte de cellophane ? Après quelques temps, la graisse s'imprègne de l'odeur. 
Grenouille va explorer cette technique et l'user jusqu'à la corde. Il deviendra le meurtrier le plus recherché de l'époque pour avoir tué de belles jeunes femmes, dans l'espoir d'obtenir leur odeur dans un flacon de parfum.


Quel objectif ? En faire un élixir de séduction. Avec une goutte de ce flacon, vous pourrez conquérir la population de tout un pays, que dis-je du monde entier, et ce, par la séduction d'une odeur irrésistible.
 Une manipulation subtile qui vous permet d'être un Dieu sur terre. De manière inconsciente, le monde se jette sur vous, vous aime, vous embrasse, vous veut. Grenouille parviendra t-il à obtenir cette reconnaissance démoniaque ? Cela lui portera t-il préjudice ? Faut-il que les gens vous aiment à la folie

L’œuvre de Süskind (que je n’appellerai pas simple "roman") est magnifique, énigmatique, bien trouvée. Si les mots manquent d'odeurs, ils parviennent néanmoins à nous les faire parvenir en les nommant divinement bien. La description du Paris du XVIIIe m'a touché. L'écriture de Süskind au niveau descriptif est absolument extraordinaire. Je n'ai jamais ressentie de telles émotions. Quoi de plus miraculeux, en effet, que de vous faire sentir les mots ?


Passons maintenant au film. Si les mots peuvent exprimer les odeurs, il y a eu un raté quand à nous les montrer sur grand écran. On peut visiblement lire les odeurs, mais on ne peut pas les voir pour les ressentir. C'est comme ça, ça ne s'explique pas. Le rendu est donc totalement différent.
L'acteur principal (Ben Whishaw) est plutôt beau, or, il est censé être d'une laideur innommable. C’est d'ailleurs là le pouvoir même de son succès. Comment se faire aimer lorsque vous êtes un meurtrier et que vous êtes aussi laid qu'un crapaud baveux ? 
Le film montre ici son incapacité à traduire cette ambigüité, et sa faiblesse se trouve dans le choix d'un acteur très charmant. Comme dans toute retranscription cinématographique d'un roman, il manque beaucoup de passages que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire. Des scènes parfois trop longues pour pallier au manque d'émotions, telle la scène d'orgie, ne parviennent pas à créer le malaise magistral ressentie durant la lecture.

Enfin, la scène finale manque de cruauté à mon goût, car c'est là toute la stupéfaction de l’œuvre. Il manque beaucoup des détails fins qu'on éprouvait à la lecture.
Le Parfum se vit, intimement, entre soi et soi. Il est une expérience originale qui visiblement ne se vit pas deux fois. La version cinématographique était donc la fois de trop. Sauf pour la plus belle des cibles, la plus belles des rousses, Rachel Hurd-Wood, qui est vraiment renversante.

Si vous ne connaissez pas Le Parfum, ne passez pas par la case fainéantise en regardant le film, vous raterez l'essentiel et aurez l'impression de n'avoir vu qu'un film banal. Laissez-vous emporter par les odeurs nauséabondes du XVIIIe siècle parisien, vous verrez c'est éblouissant !

lundi 12 mars 2012

Boys don't cry, le trouble de l'identité sexuelle vu par Kimberly Peirce

Ce film a quelques années (sortie en 2000) mais n'a pas pris une ride. Inspiré d'un fait divers authentique, il est question de trouble de l'identité sexuelle. Êtes-vous une femme dans un corps d'homme ? Êtes-vous une femme dans un corps de femme, mais avec une impression d'être au fond un homme ? 
Hilary Swank a pris le pari de vivre dans la peau d'une jeune femme, Teena Brandon, qui n'assume pas d'être une femme. Elle est un homme, peu importe sa poitrine opulente, peu importe l'absence du trois pièces cuisine en dessous de la ceinture.
Elle se coupe les cheveux, se bande la poitrine, s'habille comme un garçon, et contre l'avis de ses proches, devient Brandon, jeune homme androgyne. A Falls City, elle trouvera des jeunes désœuvrés qui l'accepteront comme tel. 


Elle tombe ainsi amoureuse d'une fille de la bande, Lana, déjà convoité par d'autres. Lana est séduite par celui qu'elle croit être Brandon. Une amourette se construit, sur un malentendu. John, amoureux de Lana, voit d'un mauvais œil cette nouvelle relation. Lorsqu'il découvre la véritable identité de Teena-Brandon, c'est le clash. Un coup tonnerre, d'humiliation, de violence et d'horreur se prépare. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé on vous dit. Comme la jalousie.


Interdit au moins de 16 ans et pour cause, ce film est choquant. Il nous met face à une terrible situation, celle du trouble de l'identité sexuelle, mais aussi face à l'ennui de jeunes gens alcoolisés et paumés pour qui le seul loisir, c'est le rodéo sur camionnette.

Hilary Swank est méconnaissable. En jeune garçon, elle nous montre combien ce type de trouble peut être dévastateur, combien il peut gâcher une vie quand on ne peut pas être, aux yeux des autres, comme l'on se sent véritablement. 
Imaginez que vous êtes un escargot et que tout le monde s'escagasse à vous voir comme une limace. Quelle frustration ! Heureusement, pour la major partie d'entre nous, on nous voit tel que nous sommes et tel que nous nous sentons...de véritables escargots de Bourgogne. 


J'ai beaucoup aimé ce film, même si je ne le reverrai pas. Une fois suffit à vous marquer. Le film est d'autant plus réussi qu'il laisse un suspens qui m'a tenu en haleine. Jamais je n'aurai cru un dénouement si irréversible.
L'intolérance fait des ravages, elle peut tout démonter, comme un bulldozer sur un château de cartes. Si vous regardez ce film, prenez soin d'être en charmante compagnie, tout choc vaut mieux d'être vécu confortablement.

vendredi 2 mars 2012

The Artist, l'homme sauvé par son chien, de Michel Hazanavicius

Les 29 prix et les 62 nominations aux Festivals obligent, je suis allée voir, comme tout le monde, The Artist.
Émue de voir un frenchie remporté un Oscar du meilleur acteur pour la première fois, j'y suis allée avec une certaine joie, sachant déjà que j'allais voir un des meilleurs films des quelques années passées.

Nous sommes en 1927 et George Valentin (Jean Dujardin) est la coqueluche du cinéma muet. Ne sachant point trop caché son orgueil, il fait même de l'ombre à ceux qui l'entourent. 
Sauf, pour l'une d'entre elles. Une charmante groupie du nom de Peppy Miller (Bérénice Béjo) va être propulsée par hasard grâce à ce cher George.
George est charmé, elle encore plus. Une idylle pourrait bien commencer entre ces deux-là. Mais, zut, voilà un obstacle. Le cinéma muet disparaît, le cinéma parlant lui prend la place, laissant de côté les acteurs légendaires qui le représentaient.


De jeune figurante, Peppy Miller va devenir la grande et belle actrice montante du cinéma parlant naissant. Lui, George Valentin, sombre dans l'oubli...
De la richesse, il sombre dans les dettes, de l'amour, il passe à la solitude, de l'orgueil, il passe aux oubliettes. Et voilà que le verre de whisky est vide, que la bouteille aussi. Et voilà que les talons des femmes piétinent son portrait sur un trottoir pluvieux. Et voilà qu'il s'enlise, au sens propre comme au sens figuré, quand la jeune Peppy, elle, domine le monde du cinéma. Une histoire d'amour entre ces deux étoiles peut-elle naitre, alors que l'une vient de s'éteindre ? L'orgueil de l'un peut-il recevoir l'affection de l'une ?


Ravagé par sa chute, George est sur le point de mettre fin à ses jours dans les flammes de sa maison, et c'est finalement son jeune chien prodige qui le sauve. Le voilà dans les bras de la belle Peppy Miller, tout orgueil à la poubelle. Une histoire peut bien commencer. Allez, dansez maintenant !

Évidemment, ce film est très bon, drôle et surtout original. J'aurais aimé le voir dès sa sortie. J'aurais été d'autant plus charmée ne m'attendant pas à voir un film français aux 5 Oscars. C'est bien notre fièreté française qui jaillit. Le coq chante, pas les pied où on pense, mais les pieds dans le succès. Le coq danse aussi très bien, en plus d'être bon acteur. The Artist mérite tout le tapage qu'on a pu en faire, tout simplement parce qu'il sort du lot.
Qui n'a jamais aimé faire un retour dans le passé ? Qui ne rêve pas de cette époque où l'on portait de jolies robes en faisant des claquettes ?


J'ai aimé vivre pendant 1h40 une époque que je ne connais pas. Si les acteurs sont très bons, la musique l'est tout autant. Car, dans les films muets, c'est sans conteste la musique qui fait presque tout le travail. Ici, elle est émouvante et tient lieue de parole.

Je tire mon chapeau aux deux acteurs, et surtout à Bérénice Béjo tout à fait rayonnante, dont le talent d'actrice m'a semblé d'autant plus frappant que très expressif. Et je suis ravie de voir que le beauf des sketchs Un Gars, Une Fille que j'aimais beaucoup, passe maintenant chez les Grands. Félicitations.
Clap, clap, clap. Je m'en vais prendre des cours de claquettes, moi.