Je l'ai vu, je l'ai reconnu, comme tout droit sorti d'une inspiration que j'aurai voulu être mienne. Quand je l'ai feuilleté, j'ai été éblouie par chaque page. Les illustrations toutes plus belles les unes que les autres, flamboyantes, intrigantes, m'ont sorti loin de ce grands magasin culture et multimédia dans lequel je me trouvais.
Je suis allée au rayon "littérature enfantine" pour y trouver une quelconque inspiration artistique et je n'ai pas été déçue. L'Herbier des Fées se distingue nettement des autres contes pour enfants. Sa couverture rouge flamboyante attire le regard, et quand on ouvre cet herbier, on est surpris à chaque page par la qualité des illustrations.
Ça raconte quoi ? L'histoire d'un éminent botaniste russe, Alexandr Bogdanovich, né en 1876 à Saint-Pétersbourg. Déjà très doué à 16 ans, il intégra l'étrange cabinet des sciences occultes de Raspoutine.
Lorsque Raspoutine lui propose une mission, Alexandr accepte : élaborer un élixir de vie. C'est ainsi qu'en 1914, il part dans la forêt de Brocéliande pour y percer ses secrets. Au fil, on suit les aventures d'Alexandr par son carnet de bord, ses lettres, et son herbier soigneusement tenu.
On y découvre les découpes précises de plusieurs plantes fascinantes comme la Grande Gentiane, la Pilularia Globulifera, puis on y découvre au fur et à mesure bien plus que des plantes. Ce sont des petits êtres qui s'y cachent à l'intérieur qui attirent tout particulièrement son attention : des petites bêtes pas plus grosses qu'un petit pois qui ont des facultés de guérison incroyables. Vous vous êtes blessé et vous avez une plaie ? Ce sont les Consoudes qui vont vous soigner tout ça en un clin d’œil.
Ces petites fées vivent dans les plantes de la forêt de Brocéliande, Alexandr fait connaissance avec elles et décide de garder ce secret pour lui, ce qui a le don d'irriter l'étrange Raspoutine...
Entre hallucination, rêveries et bien-être, on suit le parcours fantasmatique de ce botaniste, peut-être perdu à tout jamais dans la forêt.
Sous forme de journal de bord qui se veut historique et réel, Benjamin Lacombe et Sébastien Pérez nous offrent une histoire originale et magique. Les illustrations sont époustouflantes, d'une rare qualité. Les textes, quant à eux, viennent nourrir les images de leur vraisemblance.
Ce qui m'étonne, au-delà de la beauté des dessins et de l'imagination qu'il a fallu, c'est l'histoire. Loin d'être une simple histoire à raconter aux enfants avantd'aller dormir, celle-ci semble plus s'adapter à un public presque adulte. J'ai aimé cette histoire, mais je doute qu'elle intéresse un enfant. L'approche scientifique et descriptive des découvertes effectuées peuvent à mon goût désintéresser l'enfant qui alors ne s'attardera que la beauté du voyage.
Car c’est là toute la force de ce livre. Quand on l'ouvre, on entre tout de suite dans un univers très particulier, entre féerie et mysticisme, entre bien-être et inquiétude.
L'Herbier des Fées est un énorme succès, probablement l'un des meilleurs livres pour enfants (adultes ?), à découvrir au plus vite, vous, les grands.



























