vendredi 4 octobre 2013

Blue Jasmine, la Dépression Selon Woody Allen


Un couple qui bat de l'aile, une new-yorkaise riche et élégante qui se retrouve seule, dépressive et fauchée, deux soeurs que tout oppose...tout est à refaire, et c'est dans ce contexte que nous plonge Woody Allen.


Cette fois-ci, le réalisateur est dans son élément. Alors, qu'il n'avait pas tellement maitrisé le charme parisien dans le très moyen Minuit à Paris, il gère bien mieux l'ambiance new-yorkaise et celle de San Francisco.

Jasmine (anciennement et plus médiocrement Jeannette) est contrainte de quitter son mari, un riche et sordide requin de la finance.
Alors qu'elle avait tout, la classe et l'élégance naturelle en plus, la voilà plus bas que terre à parler seule sur le trottoir.


Elle mélange le Martini et le Xanax, entre deux suffocations angoissantes. Elle tremble et transpire de voir sa vie redémarrer à zéro chez une soeur qui ne lui ressemble en rien et qu'elle méprise au plus haut point.

Ces deux-là n'ont pas le même milieu social et c'est une vraie caricature que nous dépeint le réalisateur.


Jasmine va devoir jouer contre les apparences mais aussi contre elle-même. Comment se mélanger à une société que l'on trouve vulgaire et médiocre lorsque l'on a vécu dans le satin ?

Si la richesse nous fait regarder la pauvreté d'en haut, perdre ses deniers provoque la débandade et la perte de contrôle.
Il n'y a alors plus assez de Xanax pour mener sa vie à bien, ou la mener tout court.

Qui du pauvre ou du riche est le plus enviable ? Je réfléchis encore, entre ses deux extrêmes, comme on est bien chez soi !


Quand l'ancienne riche donne des conseils à sa pauvre soeur, c'est sur fond de méprise et de dédain. tandis que l'une héberge l'autre pendant se dépression, sans jamais la juger, Jasmine ne fait que reprocher à sa soeur ses mauvais choix.

Mais laquelle des deux à réellement raté sa vie ?


L'une représente ce que l'autre n'est pas, mais aucune n'est à envier. Woody Allen aime les caricatures, mettre les pieds dans le plat quitte à ce que ce soit cousu de fil blanc.

On en fait trop, on perd la réalité pour verser dans l'excès, avec toujours cette pointe d'humour.


Mais cette fois, c'est plus fin. il manque peut-être un certain réalisme évident : quand on prend du Xanax et du Martini à longueur de journée, il n'est pas possible de faire un job qu'on déteste, tout en commençant des études d'informatique, ou alors que Jasmine nous donne ses super pouvoirs !


Blue Jasmine est réussi.
Le déclin d'une femme riche qui perd tout et devient folle et la vie d'une femme très modeste qui reste où elle est, sans jamais vraiment se poser de question, donne un contraste intéressant. A voir.

2 commentaires:

fred a dit…

Toujours aussi bien ecrit, ca donne envie d'aller le voir. Merci poir cette critique.

lauraoza a dit…

Merci pour ton compliment, tu me diras ce que tu en as pensé ! :-)

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